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Aspirateurs : des économies d’énergie à venir

L’Europe cible les aspirateurs pour réaliser des économies d’énergie. Mis en débat dans la première quinzaine de juillet le Parlement va adopter un règlement concernant les exigences d’éco-conception des aspirateurs entraînant l’extension de l’application de l’étiquette énergie à cette famille, à compter du 1er septembre 2014.

La démarche a été engagée à la demande des industriels du secteur il y a plus de dix ans. L’affichage permettra aux Européens d’acheter leurs appareils en connaissance de cause. "C’est la face émergée de l’iceberg réglementaire" souligne cependant Patrick Le Dévéhat, directeur technique du Gifam (Groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils d’équipement ménager). Son but était de mettre en avant l’efficacité des aspirateurs et pas seulement leur puissance qui ne permet pas de mieux aspirer, comme nombre de consommateurs le pensent. Ce nouveau règlement impose notamment que les appareils mis sur le marché à partir du 1er septembre 2014 ne présentent pas une puissance supérieure à 1.600 W - contre 2.000 W pour certains aspirateurs aujourd’hui disponibles. Le but : limiter les dépenses énergétiques des appareils électroménagers, et arrêter l’escalade des niveaux de puissance toujours plus élevées...Les appareils seront ainsi évalués de A à G, selon leurs performances. L’étiquette indiquera leur émission de poussière, la qualité de filtration, et le niveau sonore. Les industriels vont devoir faire aussi bien ou mieux, avec moins de puissance.

Confusion entre performance de dépoussiérage et puissance

Nombreux sont les consommateurs qui croient encore que la puissance d’un appareil fait son efficacité. Or c’est faux - et encore plus pour les aspirateurs. "La notion de puissance ne veut rien dire, elle représente uniquement la quantité d’énergie nécessaire" explique Patrick Le Dévéhat. Pourtant, jouant sur la confusion entre puissance et performance, certains fabricants ont continué à proposer des appareils aux puissances de plus en plus élevées, et aux performances pas toujours supérieures.

Pour nettoyer efficacement votre carrelage ou votre moquette, c’est la performance de dépoussiérage de la machine qui est importante, c’est-à-dire sa capacité à aspirer l’air et les particules. La notion, qui combine le débit d’air de l’appareil et la dépression (différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur de l’aspirateur), est totalement indépendante de la puissance.

A partir de la rentrée 2014, la performance de dépoussiérage sera indiquée obligatoirement sur l’étiquette énergie des aspirateurs. "Enfin", pourrait dire le Gifam, qui a tenté d’introduire cette notion à la fin des années 90, en vain. "L’on nous a rétorqué que les termes de débit d’air et de dépression étaient trop compliqués à comprendre pour les consommateurs" se souvient Patrick Le Dévéhat.

Puissance dégressive au fil des années

Aidés par l’introduction progressive des étiquettes énergie, les fabricants osent aujourd’hui parler de performance à leurs clients. Et accueillent globalement d’un bon œil la décision de l’Union européenne d’imposer un règlement pour l’éco-conception des aspirateurs - malgré des délais particulièrement courts...

Concrètement, les appareils mis sur le marché à partir du 1er septembre 2014 devront présenter une puissance nominale de moins de 1.600 W, un taux de dépoussiérage sur tapis d’au moins 0,7 et un taux de dépoussiérage sur sols durs d’au moins 0,95. Des valeurs qui deviendront encore plus restrictives à partir du 1er septembre 2017 : 900 W maximum, des taux de dépoussiérage respectivement de 0,75 et 0,98, et un niveau sonore de moins de 80 dB.

Limiter l’impact environnemental

L’on devrait donc trouver sur le marché, dans les années à venir, des appareils globalement plus performants, moins énergivores et plus silencieux. Les aspirateurs bas-de-gamme seront automatiquement éliminés, et les fabricants devront redoubler de génie pour proposer des alternatives aux appareils existants. "Cela va demander un très gros effort de recherche et de développement, explique Patrick Le Dévéhat. A l’heure actuelle, aucun appareil sur le marché ne répondrait en l’état aux exigences techniques imposées". Cependant, le changement étant pressenti depuis une dizaine d’années, les grands groupes sont déjà sur les starting-blocks.

Comme pour les ampoules, les gammes de produits devraient être tirées vers le haut, mais les prix devraient logiquement s’en ressentir. "Il n’est cependant pas question de multiplier par dix les prix des aspirateurs, tempère le directeur technique du Gifam. Les prix, à l’avenir, correspondront à une qualité certaine".

Quels aspirateurs concernés ?

Tous les aspirateurs avec et sans sac vendus dans l’Union européenne seront concernés par cette législation à l’exception des appareils suivants : aspirateurs à eau, aspirateurs à eau et poussières, aspirateurs d’extérieur, aspirateurs fonctionnant sur accumulateurs, aspirateurs robots, lustreuses de sol, et installations centralisées. 



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