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Baromètre In Extenso : des indicateurs en baisse en septembre pour l’hôtellerie française

La reprise peine à s’installer et n’aura certainement pas lieu avant le deuxième semestre 2021, souligne le cabinet conseil.

Selon le baromètre des performances hôtelières publié par le cabinet de conseil In Extenso tourisme, culture et hôtellerie, l’assouplissement des restrictions sanitaires durant la saison estivale 2020 a permis un rebond du taux d’occupation des hôtels français, le portant à 52% en moyenne. Ce chiffre souligne la résilience du secteur et augure sa capacité à se redresser, une fois la crise sanitaire passée. L’autre particularité de l’été 2020 est l’accélération de l’évolution des paradigmes de consommation puisque la clientèle française, déconfinée, a dessiné une nouvelle carte des destinations. Les destinations littorales ont ainsi été largement plébiscitées au détriment des villes urbaines, généralement plus dépendantes des arrivées internationales.

Ephémère, le rebond n’a cependant pas réussi à pallier les conséquences du reconfinement et l’absence d’événements professionnels et activités culturelles. Au mois de septembre, le RevPAR chute à 38€ HT, toutes catégories confondues et sur l’ensemble du territoire - une baisse de 49% par rapport à l’année précédente. Les performances en baisse de cette rentrée 2020 viennent entacher les résultats en cumulé, puisque le taux d’occupation et le prix moyen enregistrent un recul, respectivement de 49% et 5%, par rapport à 2019. Ces chiffres reflètent la volatilité de la situation actuelle. Et les mesures du gouvernement, que ce soit le renforcement du fonds de solidarité aux entreprises pour inclure les hôtels fermés administrativement ou la perspective d’une sortie du confinement le 15 décembre, n’apaisent pas les craintes des hôteliers, qui se sont mobilisés partout en France pour la réouverture de leurs établissements.

Les annulations clients et reports de congrès et salons pèsent aussi sur cette dernière partie d’année, notamment en région francilienne sur les pôles affaires, ainsi que dans certaines métropoles régionales. Le manque de lisibilité sur l’avenir s’accentue et ne laisse pas présager de reprise normale de l’activité avant le second semestre 2021. « Si l’allègement des mesures restrictives de déplacement cet été a permis à la population et à une partie de l’hôtellerie française de reprendre un peu de souffle, la seconde vague épidémique ne laisse aucun doute quant à l’obligation pour les professionnels de continuer à se réinventer, à se renseigner sur les aides et dispositifs gouvernementaux, pour être prêts à la reprise d’activité et à proposer aux voyageurs une expérience client, au-delà du simple service de logement », commente Olivier Petit, Associé chez In Extenso Tourisme, Culture et Hôtellerie.

Paris et Ile-de-France : un taux d’occupation en amélioration, mais insuffisant

Au 25 novembre, la CCI d’Île-de-France décompte près de 317 salons annulés ou digitalisés depuis le 7 mars dernier. Ce qui a évidemment nui aux performances de la capitale et l’ensemble de la région francilienne. Les établissements d’entrée de gamme, plus résilients face à la crise, ont été sur Paris comme dans le reste de l’Île-de-France tout aussi durement touchés que les autres gammes. Quant à l’hôtellerie Haut de Gamme, et Luxe et Palaces, leur taux d’occupation enregistre une baisse de près de 90%. Et bien que le taux d’occupation ait atteint 25% en septembre contre 19% en moyenne pendant la saison estivale, il accuse une baisse de 65% en cumul depuis janvier, alors que les prix moyens par chambre louée continuent de s’effondrer, exception faite des hôtels de Luxe et des Palaces. En cumul, le prix moyen est en recul de 14%, toutes catégories confondues.

Comme à Paris, les performances hôtelières de l’Ile-de-France sont en net recul. L’impact de la baisse du trafic aériens dans les aéroports parisiens (-80% de passagers à Roissy et -60% à Orly en septembre) sur les taux d’occupation se fait durement ressentir : en cumulé depuis l’année dernière, le TO du parc hôtelier à La Défense accuse une baisse de 77%, et de 64% à proximité de Roissy Charles-de-Gaulles.

Les régions (hors Côte d’Azur) affaiblies mais toujours debout

L’impact de la pandémie sur les régions (hors Côte d’Azur) aura été plus limité que sur la capitale, permettant aux hôteliers de rattraper en partie l’écart constaté en juin par rapport à l’année dernière. La rentrée de septembre semble cependant avoir mis un terme au dynamisme enregistré par les hôtels en Régions durant la saison estivale. Le RevPAR, de 39 € HT toutes catégories confondues, est en chute de 33% par rapport à septembre 2019 (qui avait été témoin d’une hausse des performances) et de 44% en données cumulées. Le taux d’occupation, de 51%, est en recul de 30% alors que les prix moyens sont en baisse de 4% sur le mois mais stables en cumul depuis le début d’année.

Des catégories Super-économique à Milieu de Gamme, les hôtels des grandes agglomérations ont enregistré des baisses d’occupations et de prix moyens moins importants que les métropoles régionales, car ils sont moins affectés par l’absence des clientèles MICE et internationales. De même, les littoraux ont mieux résisté que les autres territoires aux baisses d’occupation, notamment le littoral Ouest. Sur les catégories Economique et Milieu de Gamme, les prix moyens sont globalement en hausse de 4% à 11%. Certaines villes telles que Le Havre, Vannes ou encore Bayonne-Anglet-Biarritz ont enregistré des performances encourageantes.

A l’approche des vacances d’hiver et d’un assouplissement du confinement courant décembre, les perspectives des performances hôtelières en Région restent imprévisibles, d’autant plus que la situation sanitaire ne cesse d’évoluer et que les stations de ski en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté restent fermées. Difficile donc de prédire comment réagira la clientèle à la réouverture des stations de ski à Noël, malgré la fermeture des remontées mécaniques.

Côte d’Azur : une rentrée 2020 très loin des records d’occupation

L’arrivée de la clientèle nationale a permis à l’hôtellerie locale de retrouver des couleurs durant la saison estivale, en dépit de l’absence des voyageurs étrangers. Cependant, le taux d’occupation à la rentrée 2020 a rechuté à 37%, loin des 85% atteints en septembre 2019, un mois record marqué par l’organisation de nombreux évènements et la présence d’une clientèle étrangère Haut de Gamme. Cette année, seuls les hôtels Super-économiques observent une hausse de leur recette moyenne par chambre louée. En cumul, le RevPAR est en diminution de 62% sur toutes les catégories, en comparaison avec 2019. Sur le Haut de Gamme & Luxe, Cannes est plus affectée que Nice ou Monaco.

L’annulation de nombreux salons et congrès les mois à venir devrait peser sur ces destinations. Le contexte international ne s’est pas non plus amélioré, puisque l’ensemble des pays européens ait été touché par la seconde vague épidémique. Ce qui repousse d’autant plus la perspective de sortie de crise, plus encore pour la clientèle MICE qui devrait être la plus tardive à retrouver son niveau d’avant crise.



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