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Défit énergétique : quand New York se couvre de blanc

La grande majorité des toits-terrasses de la ville sont recouverts d’un enduit d’étanchéité au goudron noir qui absorbe la chaleur. Hors, les fortes températures sévissant sur NY en été provoquent des îlots de chaleur urbains dus aux bâtiment et à l’activité humaine. Ainsi les repeindre en blanc permettrait de baisser la température à leur niveau d’une quinzaine de degrés en juillet-août.

L’idée est venue à Michael Bloomberg, l’ancien maire de New York, elle a été relayée ensuite par l’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton, qui dans une interview dans les médias américains en 2011 a encouragé cette initiative qui consiste à repeindre les toits de la Grande Pomme de couleur blanche. Conscient de l’impact positif de ce geste sur le réchauffement climatique, cette initiative peut engendrer des retombées très positives pour l’environnement grâce à l’albedo. L’albedo, "grandeur sans dimension, est le rapport de l’énergie solaire réfléchie par une surface à l’énergie solaire incidente.". Compris en 0 et 1, plus il est élevé, plus il absorbe la lumière du soleil et augmente la température de la planète. La fonte des glaciers réduit la surface réfléchissante des pôles, peindre les toits en blanc pourrait contribuer à ralentir la hausse des températures. Effectivement les toits qui couvrent les milliers d’immeubles américains absorbent d’énorme quantité de chaleur quand il fait chaud, entraînant une surconsommation de la climatisation, en sachant que la demande en électricité augmente de près de 2% pour chaque degré supplémentaire. Cette diminution de la température devrait entraîner une réduction des coûts des systèmes de climatisation et de ventilation en réduisant ainsi les émissions de CO2 dans l’atmosphère. Question : mais en hiver ? Cet effet positif (moins de climatisation) est supérieur à l’effet négatif sur l’accroissement des besoins en chauffage en hiver, même dans les régions à climat froid : une étude menée sur ces toits ("cool roofs") dans 30 villes des Etats-Unis, dont New York et Chicago, a démontré une équation énergétique favorable aux toits blancs, avec une diminution des besoins en énergie liée à la climatisation estivale de 30 kWh par mètre carré et par an, contre une augmentation du chauffage en hiver de 10 kWh par mètre carré et par an.

Pour les immeubles existants et depuis 2010, Le collectif "New York Cool Roofs " demande à des copropriétés et à des volontaires de s’associer pour peindre chaque année certains toits de la ville de New York, ses représentants espèrent pourvoir tripler leur action grâce à la prise de position de l’ancien président. À ce jour, l’organisation "Cool Roofs"se félicite d’avoir repeint en blanc plus de 550 000 m² de toits !

Des recherches issues de l’Université de Berkley

Une étude récente, menée par Art Rosenfeld, un des chercheurs au Lawrence Berkeley National Laboratory, en arrive à la conclusion suivante :"Les toits blancs s’avèrent être les plus efficients pour lutter contre le changement climatique, et les plus économiquement intéressant. Les toits noirs devraient progressivement disparaître. D’autre part, les toits blancs sont aussi trois fois plus efficaces au niveau environnemental que les toits végétalisés. " En travaillant sur la question de la couleur des toits, l’équipe de chercheurs estime qu’il serait possible, grâce au blanc, d’économiser 750 millions de dollars sur l’ensemble des Etats-Unis. D’ailleurs, cette méthode n’est pas nouvelle puisque les habitats de certaines régions du pourtour de la Méditerranée l’utilisent depuis longtemps. Mais pour optimiser totalement cet effet bénéfique en milieu urbain il faudrait également revoir la couleur de l’asphalte. Les toits ne couvrent en effet que 20% de la surface dans les centres urbains.



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