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Des champignons pour remplacer les emballages polystyrène

Un mètre cube de mousse polystyrène utilise 1,5 litre de pétrole pour sa fabrication. Une bien meilleure alternative est d’utiliser un produit naturel. C’est ce que propose Ecovative, une entreprise new-yorkaise au travers un matériau produit à base d’un champignon semblable au polystyrène. Il a les mêmes propriétés que le polystyrène expansible (EPS), mais est entièrement dégradable et compostable.

Un substitut au plastique

Ce matériau innovant possède donc les mêmes propriétés que le polystyrène. Il peut être isolant, ignifuge, résistant à l’humidité, résistant à la vapeur, et peut absorber les chocs mécaniques et acoustiques. Il peut être utilisé pour les objets lourds, ou pour expédier des produits alimentaires et denrées périssables. Les propriétés du matériau telles que la densité, la résilience et l’aspect peuvent être modifiées. Il est fiable, facile à utiliser et se compare favorablement avec d’autres mousses moulées comme l’EPS.

Utiisation des déchets de l’agriculture locale

Pour arriver à ce résultat étonnant la société Ecovative exploite les rejets de l’agriculture locale, tels que les enveloppes de maïs ou les déchets de coton, puis les stérilise, y ajoute de l’eau et quelques nutriments et enfin, injecte le mycélium (partie végétative du champignon) dans le mélange obtenu. Cet assemblage est ensuite placé dans des moules ayant la forme du produit ou du conditionnement souhaité. Ces moules sont ensuite laissés dans l’obscurité pour incubation pendant quatre jours pour finaliser le processus.

Ce que nous appelons, dans le langage commun « champignon » (et que nous mangeons) n’est en réalité que le « sporophore », les organes reproducteurs. Le vrai « champignon » est se situe dans la partie souterraine, des sortes de « racines » enterrées dans le sol et que l’on nomme « mycélium ». Pour cette technique, on utilise ce mycélium qui pousse dans un substrat et se développe jusqu’à ressembler en tout point à du polystyrène. La mousse du champignon fait alors l’objet d’un traitement thermique qui met fin à la croissance du mycélium.

Un produit totalement bio-dégradable

Comme si cela n’était pas déjà très prometteur, le produit final peut en plus contribuer à l’écosystème local, car il est entièrement bio-dégradable, et en cas de bris il peut être utilisé comme paillis dans votre jardin, il permettra ainsi d’améliorer la rétention d’humidité du sol et d’ajouter des éléments nutritifs.

Outre la société Ecovative, une autre entreprise comme Eden Bayer a ainsi cofondé une société nommée MycoBond en reprenant également comme matériau de base le mycélium. Il faut dire que dans la nature, les champignons sont déjà les champions du recyclage. lls sont là depuis une éternité et aident à améliorer la qualité du sol. Ils produisent des enzymes qui « cassent » certaines substances pour les plantes que ces dernières ne peuvent produire.

Pour quels usages ?

On peut créer à partir de cela des produits de packaging qui sont 100 % biodégradables. Le coût de production ne représente qu’un dixième de celui nécessaire pour le polystyrène ! Imaginez recevoir un produit emballé dans ce matériau. Vous le prenez et le jetez dans votre jardin : cela fera une sorte d’engrais. Enfin, comme la production peut être rendue locale, elle limitera les coûts d’expédition et diminuera le bilan carbone. D’ailleurs le fabricant d’ordinateurs Dell ne s’y est pas trompé, il est l’un des premiers à avoir utilisé ce conditionnement en champignon d’Ecoactive pour ses produits. Nul doute que d’autres entreprises suivront ce chemin, ne serait-ce que pour associer leur image au développement durable.



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