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Des fermes perchées à New York, loin de l’effervescence

Le projet de Gotham Greens a éclos au beau milieu d’un ancien quartier industriel de Brooklyn qui devient à la mode, avec en toile de fond le New-york des films et des cartes postales. C’est donc ici qu’une ferme urbaine située sur le toit d’une vieille usine produit ses légumes.

La ferme utilise la culture hors sol dite hydroponique sous une serre de 1400m2. Toute l’année, elle commercialise une douzaine de variétés de salades ainsi que des herbes aromatiques destinées à une trentaine de supérettes new-yorkaises, au service de livraison à domicile Fresh Direct, et aux restaurants de la ville qui sont ravis d’avoir des produits n’ayant pas voyagé depuis la Californie… La serre est contrôlée par un système informatique qui gère l’hygrométrie, la luminosité, la nutrition des plantes et la climatisation. L’énergie provient de panneaux solaires disposés tout à côté. L’aventure de Gotham Greens a commencé en 2008, lors de l’arrivée du « Food Movement » naissant, un courant nord-américain multiforme de promotion d’une agriculture biologique produite localement, respectueuse de l’environnement, et plus largement d’un retour à la terre. Il réunit des petits fermiers, des restaurateurs, des collectivités et des Américains de plus en plus férus de jardinage.

Un modèle qui se développe

Les jardins ne cessent de pousser sur les toits de New-York, jusqu’à Manhattan. Selon l’université de Columbia, à terme, les 1200 hectares de toits aptes à l’agriculture pourraient fournir en légumes les 8,4 millions d’habitants de la ville. Au-delà de la théorie, la révolution est en route. Ainsi, dans le Queens, le toit d’une ancienne usine de production de pièces détachée d’automobiles, grand comme un terrain de football a été transformée en terrain fertile grâce à l’apport de 500 tonnes de terreau sur lequel poussent radis, tomates, betteraves, laitues... A New-York, manger local est devenu un art de vivre et un argument de vente. Le nombre de « locavore » - des personnes qui consomment uniquement des produits locaux, frais, de saisons et bio – ne cesse d’augmenter. D’autres fermes urbaines sur les toits de New York ont vu le jour : la ferme communautaire Eagle Street Rooftop Farm (550m2 à Brooklyn) ou encore les serres de Brightfarms et la municipalité de New York travaille à encourager les propriétaires et constructeurs à travailler le développement durable, notamment à travers des projets de toits blancs, de toits verts ou de fermes urbaines.

Brooklyn Grange, la plus grande ferme urbaine du monde

La ferme Brooklyn Grange pratique la culture organique en pleine terre depuis 2010. Un toit de bâtiment industriel a servi de support à cette ferme hors du commun, identique à celle du Queens. De la même manière que pour toute autre surface, des ingénieurs et architectes ont soigneusement analysé le terrain et l’ont préparé par plaques de drainage et barrières anti-racines. La terre a ensuite été amenée pour préparer le jardin à proprement dit.

Deux terrains cultivables ont finalement été aménagés. Leurs caractéristiques :

• une surface de 3900m2 dans le Queens et 6000m2 à Brooklyn, soit le plus grand jardin urbain au monde à ce jour !

• quarante sortes de fruits et légumes (laitues, poivrons, tomates, blettes, choux, haricots, radis, carottes, fines herbes), vendus sur les marchés locaux, aux commerces et restaurants ;

• de l’engrais vert planté durant l’hiver,

• un rendement de plus de 18 tonnes par an !

Brooklyn Grange a récemment accueilli des poules pondeuses et des ruches.

Manger local, bio… mais pollué ?

A priori, il n’y a pas de quoi s’inquiéter. A part les métaux lourds comme le plomb, les risques de pollution sont minimes et le plomb a été enlevé de l’essence depuis les années 70 et 80. Les jardins sont aussi protégés par leur situation en hauteur : les métaux lourds sont plus denses que l’air, il ont donc tendance à rester au niveau du sol. A Brooklyn Grange notamment, les légumes et le sol sont régulièrement analysés. Et pour l’instant, aucune trace de pollution.



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