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Economies d’énergie : quel impact avec le changement d’heure ?

Comme tous les ans, nous avons changé d’heure dimanche 27 octobre. L’Agence de l’environnement de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime les économies d’énergie réalisées grâce au changement d’heure à environ 440 Gigawatt-heure (GWh) par an, soit la consommation en éclairage d’environ 800 000 ménages, mais ces économies étaient de 470 GWh en 2007 et diminueront encore en 2030 à 340 GWh.

Le changement d’heure : une mesure en réponse au choc pétrolier de 1973

Le passage à l’heure d’hiver s’est effectué dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 octobre 2013. A trois heures, les horloges ont reculé d’une heure. Le but de ce changement d’heure bi-annuel entre heure d’été/ heure d’hiver est « de faire correspondre au mieux les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement pour limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel » (service-public.fr). Le changement d’heure a été instauré en France à la suite du choc pétrolier de 1973-1974 dans un contexte où l’électricité était produite largement à partir de centrales au fuel lourd. Le gouvernement recherchait avant tout à réduire le coût des importations d’hydrocarbures.

La France n’est pas le seul pays à avoir instauré cette mesure. Beaucoup de pays d’Europe, ainsi que les États-Unis et l’Australie, pratiquent également le changement d’heure. Depuis 1998, les dates de changement d’heure ont été harmonisées au sein de l’Union européenne. Dans tous les pays membres, le passage à l’heure d’hiver s’effectue le dernier dimanche d’octobre et le passage à l’heure d’été le dernier dimanche de mars. Aujourd’hui l’objectif est celui d’une réduction de la consommation énergétique, dans un souci environnemental. Mais certains s’interroge sur son impact réel.

Des économies d’énergie difficiles à mesurer

Si nous restions à l’heure d’été, nous devrions éclairer jusqu’à 10h pendant les matins d’hiver. A l’inverse, l’été nous devrions allumer les lampes une heure plus tôt le soir. Cette surconsommation correspondait selon l’Ademe à 440 GWh sur toute l’année 2009. Mais l’association La Méridienne, qui milite pour le rétablissement de l’heure méridienne, a déclaré dans 20 Minutes que cette économie ne représente que 0,1% des 513.000 GWh consommés annuellement. Certains avancent également que l’heure d’éclairage gagnée le matin est ensuite perdue le soir, qui est aussi une période de forte activité. De plus des doutes existent sur les estimations. La consommation d’électricité augmente de façon globale en hiver avec le froid et la baisse de la luminosité, ce qui rend difficile la mesure des économes d’énergie générées par le changement d’heure. L’Ademe reconnaît également que l’impact sur les usages thermiques ne peut être évalué précisément. Tout semble dépendre du contexte national. Par exemple, le passage à l’heure d’été entraînerait une hausse de la consommation électrique en Australie et aux États-Unis à cause de l’usage intensif de la climatisation. De plus, les économies d’énergie dues au changement d’heure diminuent progressivement au fil des années. Cela s’explique par la diminution de la part relative de la consommation électrique liée à l’éclairage, avec l’introduction de nouvelles technologies comme les lampes basses consommations et les diodes électroluminescentes. A l’inverse la consommation électrique globale des nouvelles technologies de l’information et de la communication, comme les tablettes, augmente. L’ Ademe estime qu’à l’horizon 2030, les économies d’énergie engendrées par le changement d’heure devraient être de seulement 340 GWh.

44.000 tonnes de CO2 économisées pour un coût nul

Cependant des raisons subsistent pour justifier le changement d’heure. Si son impact environnemental est relativement faible, avec des émissions de CO2 réduites de 44.000 tonnes, le coût de la mesure est quasiment nul. Quant aux impacts négatifs sur l’agriculture ou le trafic routier, ils ne sont pas prouvés. De plus l’Ademe rappelle que le changement d’heure facilité la gestion du réseau électrique. Il engendre « un gain en puissance notable » qui permet de mieux faire face aux pointes de consommation d’avril. C’est en effet « au printemps, et à l’automne, que des risques élevés de marges insuffisantes de puissance sont observés ».



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