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L’industrie hôtelière africaine prend position contre le braconnage

Lors d’une conférence récente qui s’est déroulé à Nairobi, l’Africa Hôtel Investment Forum (AHIF) a déclaré que le braconnage était la plus grande menace pour l’industrie du tourisme en Afrique et que les braconniers devenaient les ennemis public n ° 1 de ce pays.

Lazaro Nyalandu, vice-ministre des Ressources naturelles et du Tourisme de la Tanzanie a déclaré en s’adressant à l’assistance : "Le braconnage est un problème mondial nécessitant une solution globale. La population d’éléphants en Tanzanie est estimée à 100 000 aujourd’hui, mais le nombre de ces animaux tués par les braconniers avoisine la trentaine par jour. L’organisation quasi militaire de ces individus, nécessite une réponse au même niveau. Si leurs activités ne sont pas éradiquées, nous aurons perdu tous nos éléphants dans 10 à 15 ans. Nous voulons que nos voisins africains fassent pression sur les pays où les clients des braconniers qui incitent à pratiquer cette barbarie pour éradiquer ce commerce de la honte. " 

 La préoccupation de l’industrie hôtelière et du tourisme va bien au-delà des déclarations. D’ailleurs, cinq pour cent de tous les revenus alloués à AHIF ( Africa Hotel Investment Forum) est donné à l’association David Sheldrick Wildlife Trust (DSWT), qui récupère les éléphants et les rhinocéros orphelins, y compris ceux dont les parents ont été massacrés par les braconniers.

Un impact social et économique considérable

La faune est l’une des principales raisons pour laquelle les touristes viennent en Afrique. Pour chaque troupeau décimé, l’emploi de milliers de personnes à faible revenu est menacé. Le braconnage n’est pas seulement le seul fait de tuer des animaux, mais c’est aussi de détruire des moyens de subsistance.

"Le braconnage en Afrique se passe à l’échelle industrielle", a déclaré Nick van Marken, de chez Deloitte. "Les braconniers utilisent des armes automatiques pour l’abattage de troupeaux entiers. Les défenses d’éléphants et les cornes de rhinocéros quittent ensuite l’Afrique clandestinement. La faune est fondamentale pour l’Afrique, et l’une des raisons principales qui incite à visiter ce continent est justement les animaux sauvages. Il est temps pour l’industrie hôtelière d’intensifier sa pression et d’agir."

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Photo Brent Stirton



Pour lutter contre les activités dévastatrices des braconniers, DSWT gère actuellement huit unités anti-braconnage entièrement équipées qui travaillent en collaboration avec le Kenya Wildlife Service (KWS), couvrant la zone du Parc National de Tsavo. Ces équipes accompagnées de Rangers armés du KWS, sont équipés de véhicules, de matériel de camping, de radios, de GPS et de caméras, et patrouillent jour et nuit pour lutter contre le braconnage. Les équipes anti-braconnage de DSWT ont enlevé plus de 125 000 pièges depuis la création du Parc National de Tsavo.

L’hébergement hôtelier et le tourisme en première ligne

Andrew McLachlan, vice-président Afrique et îles de l’océan Indien, Carlson Rezidor, a déclaré : "L’Afrique est un immense continent et ses frontières sont si étendues que le travail de la police demeure compliqué. Nous sommes ravis de soutenir l’excellent travail de l’association David Sheldrick Wildlife Trust (DSWT) en recueillant des fonds pour ses initiatives anti-braconnage. Il est consternant que la faune protégée soit menacée comme jamais auparavant. Compte tenu de l’importance de la faune pour l’humanité, mais aussi pour l’industrie du tourisme, et les emplois générés qui en découlent, nous devons soutenir les initiatives de lutte contre le braconnage pour sauvegarder la faune africaine."



Un accord trouvé à Paris contre le braconnage avec les Etats africains.

En marge du sommet de l’Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, au début du mois de décembre, une réunion a rassemblé 21 pays pour l’adoption d’une déclaration commune de lutte contre le braconnage et le trafic qui affectent l’éléphant et les grandes espèces menacées dans toute l’Afrique. L’abattage illégal concerne en particulier les éléphants et les rhinocéros d’Afrique, pour la contrebande de leur ivoire et de leurs cornes.

A titre d’exemple, au Gabon, environ 11 000 éléphants ont été tués illégalement depuis 2004. Par ailleurs, 668 rhinocéros ont été braconnés en Afrique du Sud en 2012. 
En avril dernier, une milice armée a pénétré dans le site de la Sangha (Cameroun - République centrafricaine - Congo) inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco, abattant 26 éléphants en quelques jours.

 En Afrique, les éléphants sont tués plus vite qu’ils ne peuvent se reproduire : le taux d’éléphants braconnés (7,4%) à l’échelle du continent est désormais supérieur au taux de renouvellement naturel de l’espèce (5 à 6%).

Les pays signataires de l’accord appellent l’ensemble des grands bailleurs de fonds à apporter leur soutien aux initiatives nationales et régionales africaines. La lutte contre le braconnage ne peut en effet être efficace que si elle est intégrée dans les politiques de développement durable appuyées par les institutions internationales et les grands bailleurs de fonds. Sur la base de cette déclaration, les différents pays participeront à haut niveau à la Conférence de Londres organisée les 12 et 13 février 2014.



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