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L’industrie hôtelière et les ressources en eau

L’industrie hôtelière mondiale fait partie d’un secteur touristique en pleine expansion. Selon l’OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), on attend une croissance du tourisme international qui atteindra 1,6 milliards de voyageurs en 2020, ce qui entraînera un besoin disproportionné dans la construction d’établissements pour les destinations côtières et insulaires, là où une pénurie d’eau douce risque de se faire le plus sentir.

Selon une évaluation d’un groupe de travail de l’ITP ( International Tourism Partnership) qui se concentre sur l’évaluation des risques de pénurie d’eau pour l’industrie hôtelière du monde entier, la demande devrait dépasser l’offre en 2030 de 40%, concernant les besoins en eau. L’industrie hôtelière a donc un impératif commercial et moral à respecter la consommation d’eau potable. Le coût est un facteur important, car l’eau représente un peu plus de 10% des dépenses dans de nombreux hôtels. D’ailleurs, la plupart de ces derniers paient deux fois pour l’eau qu’ils consomment - d’abord pour son achat-puis pour son élimination comme eaux usées. En fonction des actions entreprises pour réduire cette consommation, les économies peuvent atteindre jusqu’à 50% par personne et par nuit , par rapport aux établissements moins engagés dans la réduction de l’eau. Les raisons morales sont tout aussi convaincantes : l’eau est une ressource devenue rare dans de nombreux hôtels à travers le monde et la responsabilité leur incombe de ne pas la gaspiller. Dans certaines régions, rurales ou éloignées, un établissement doit veiller à ce que sa consommation ne prive pas les riverains dans leur approvisionnement quotidien, diminuant de fait sa quantité de rejet d’eaux usées qui devraient être traitées, pour limiter les risques de pollution de la mer, des rivières, des lacs... A titre d’exemples, à Goa, un hôtel cinq étoiles consomme autant d’eau que tout un village au cours d’un mois entier, et pendant la saison touristique à Majorque, on importe de l’eau potable transférée par des pétroliers en provenance du continent pour répondre à la demande de ses 2 millions de visiteurs. Santorin et d’autres îles grecques complètent également leurs ressources en eau par l’importation des îles voisines.

Les principaux secteurs de consommation d’eau

L’industrie hôtelière repose sur l’eau pour la préparation des aliments, le nettoyage et l’hygiène, le confort des clients, l’entretien d’un jardin, et pour les loisirs. Les hôtels dépendent aussi de leurs fournisseurs qui les approvisionnement, comme les agriculteurs, l’agro-alimentaire et les distributeurs de boissons, qui ne fonctionneraient pas non plus sans eau en quantité. Un certain nombre de variables affectent aussi la quantité d’eau utilisée, tels que :

• Nombre de nuitées vendues

• Superficie de l’hôtel

• Présence de spa / piscine

• Zones climatiques (tempérées, méditerranéennes ou tropicales).

Un jardin paysager et un golf peuvent modifier considérablement les chiffres pour un établissement. Dans un grand hôtel, une piscine peut augmenter la consommation d’eau de 10%. De plus, selon le Fond Mondial pour la Nature, en moyenne, un terrain de golf utilise environ 1 million de mètres cubes par an (soit l’équivalent de la consommation d’eau d’une ville de 12.000 habitants). Voici quelques repères pour la consommation de l’eau dans les chambres en litres par nuit/ client :

Climat tempéré :

-bonne 250l

-moyenne 250 à 300l

-mauvaise > 300l

Climat Méditerranéen :

- bonne 270l

- moyenne 270-320l

- mauvaise > 320l

Climat tropical :

- bonne 300l

- moyenne 300-350l

- mauvaise> 350

En France, les hôtels se sensibilisent peu à peu

Néanmoins, les bonnes pratiques gagnent du terrain dans la gestion de l’eau au sein des hôtels, grâce à de nouveaux comportements et de nouvelles techniques à la portée de tous. Ça nécessite quelques investissements vite rentabilisés, permettant une viabilité à long terme de l’établissement. S’ajoute une motivation supplémentaire pour économiser l’eau : c’est celle d’une demande des consommateurs pour des hôtels plus durables. Ainsi, les dépenses pour des voyages écotouristiques a augmenté de 23% au cours des deux dernières années, passant de 2,2 milliards d’euros à 2,7 milliards d’euros.



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