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Mer Méditerranée : concentration de microplastiques quatre fois plus élevée que « l’Ile de plastique » et accentuée par le tourisme

l’ONG WWF a publié un rapport alarmant sur la pollution plastique de la mer Méditerranée. Le plastique représenterait ainsi 95% des déchets sur les plages et en surface de la mer Méditerranée.

« Alors qu’elle représente seulement 1% des eaux marines à l’échelle du globe, la Méditerranée compte en revanche 7% de tous les microplastiques (fragments de moins de 5mm), qui ont atteint des niveaux record de concentration : 1,25 million de fragments par km², soit près de quatre fois plus que dans “l’île de plastique” du Pacifique Nord », alerte l’ONG. Cette pollution plastique provient de différentes sources dont 80% proviennent de l’intérieur des terres et 20% de l’activité mairine : une partie est véhiculée par les fleuves pollués tels que le Nil, l’Ebre, le Rhône, le Pô et les fleuves Ceyhan et Seyhan en Turquie. Par ailleurs, l’activité humaine et le tourisme produit 208 à 760 kg de déchets solides urbains par an et les déchets marins s’accroissent de 40% durant l’été avec la venue de 200 millions de touristes sur les côtes méditerranéennes chaque année. Enfin, ce rapport souligne que la mauvaise gestion des déchets contribue en grande partie à la pollution de la mer Méditerranée : « sur les 27 millions de tonnes de déchets plastiques produits en Europe par an, un tiers seulement est recyclé », est-il souligné. Ainsi, le rapport précise que que « le plastique recyclé ne représente actuellement que 6% de la demande en plastique en Europe ».

La France déverse chaque jour 66 tonnes de plastique dans la mer Méditerranée

De fait, chaque année, 150.000 à 500.000 tonnes de macro-déchets en plastique et 70.000 à 130.000 tonnes de micro-plastiques pénètrent les mers européennes. « La grande majorité de ce plastique finit dans la mer Méditerranée », précise le rapport de WWF. Ainsi, la Méditerranée est considérée comme la sixième plus grande zone d’accumulation de déchets marins. A noter que les pays qui déversent le plus de plastique dans la mer Méditerranée sont la Turquie (144 tonnes par jour), l’Espagne (126 tonnes par jour), l’Italie (90 tonnes par jour), l’Egypte (77 tonnes par jour) et la France (66 tonnes par jour). Le directeur de l’Initiative méditerranéenne marine du WWF, Giuseppe Di Carlo explique que « nous produisons en Europe une quantité énorme de déchets plastiques dont la majorité est envoyée en décharge, avec pour résultat l’acheminement de millions de tonnes de plastique en Méditerranée chaque année. La conséquence de ce flot de contamination, associé à la spécificité de la Méditerranée qui est une mer semi-fermée, est le niveau de concentration record de dangereux microplastiques qui menacent à la fois les espèces marines et la santé humaine ».

700 espèces marines menacées par le plastique dans le monde

Et Isabelle Autissier, présidente du WWF France de souligner qu’aujourd’hui, « presque toutes les espèces marines sont en contact avec les plastiques. Des fragments de plastique ont été retrouvés dans toutes les tortues marines en Méditerranée et dans 90% des oiseaux marins dans le monde. En 1960, c’était seulement 5% ». Elle ajoute que « le plastique a aussi des conséquences négatives sur la santé humaine. Les microplastiques contenus dans nos cosmétiques ou encore les bouteilles en plastique que nous jetons avec négligence et qui une fois en mer, se brisent en minuscules fragments, sont ensuite mangés par les poissons. Ils entrent ainsi dans la chaîne alimentaire jusqu’à nos assiettes : nous mangeons ce qu’ils mangent ! ». Rappelons qu’à l’échelle mondiale, environ 700 espèces marine sont menacées par le plastique, « dont 17% sont classées par l’UICN comme "menacées" ou "en danger critique d’extinction" ».

La pêche et le tourisme fortement impactés

Les secteurs économiques clés de la Méditerranée sont également touchés, en particulier la pêche et le tourisme. « Selon les estimations, les déchets marins coûteraient 61,7 millions d’euros à la flotte de pêche de l’UE chaque année, en raison d’une prise de poissons réduite, des dommages aux navires ou d’une demande en produits de la mer plus faible, liée aux inquiétudes sur la qualité du poisson », peut-on lire dans le rapport. Par ailleurs, les plages polluées sont moins populaires auprès des touristes, ce qui entraîne une réduction des emplois et une augmentation des coûts de nettoyage. « La ville de Nice, par exemple, dépense environ 2 millions d’euros par an pour assurer la propreté des plages », précise le WWF.

Afin de se diriger vers une diminution de cette pollution plastique, le WWF établit une liste de recommandations comme « la signature d’un accord international juridiquement contraignant pour mettre fin au déversement du plastique dans les océans, soutenu par des objectifs nationaux ambitieux afin d’atteindre 100% de plastique recyclable et réutilisable d’ici 2030 et la collecte de 100% des déchets », l’interdiction des plastiques à usage unique, l’investissement dans l’innovation pour des alternatives recyclables ou compostables, « afin de s’attaquer aux 30% d’emballages plastiques actuellement non recyclables », ou encore la consommation de produits à base de matériaux biodégradables ou recyclés.



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