Accueil > actualités reportages > La vie des hotels > Mobilier : une nouvelle éco-taxe pas... totalement écologique (...)

Mobilier : une nouvelle éco-taxe pas... totalement écologique ?

Etonnant : la nouvelle filière de recyclage des meubles passerait avant tout par... leur destruction. Une nouvelle « manière de pousser à la surconsommation ? » se demande Dominique Munier, directeur général de Troc Europe. En tout cas, la filière du réemploi –de loin la moins émissive en terme de gaz à effet de serre- se dit ignorée dans le nouveau processus !

Depuis le 1er mai, le consommateur s’acquitte d’une nouvelle taxe sur les chaises, lits, bureaux et autres meubles, comme il existe déjà une taxe sur les produits électroménagers. Cette « éco-participation », qui s’ajoute au prix d’achat de la plupart des meubles vendus dans le commerce, est demandé pour financer une toute nouvelle filière de recyclage du mobilier. La nouvelle éco-taxe est actuellement appliquée par plus de 3000 fabricants et distributeurs, soit environ les 3/4 des acteurs du marché dont les géants Ikea, la Maison de la literie, mobilier de France, But, Conforama, Simmons... Tous sont associés depuis janvier au sein d’Eco-mobilier, à savoir le nouvel organisme chargé de collecter le produit de cette éco-taxe et d’assurer le recyclage du mobilier. Outre "la réintroduction de matière première auprès des industriels de la fabrication", elle prévoit dans ses textes "la réutilisation du mobilier usagé en partenariat avec les structures de l’économie sociale et solidaire, les Communautés Emmaüs et les ressourceries et cela sur l’ensemble du territoire".

Les "filières déjà existantes auraient pu s’intégrer à ce processus"

Néanmoins cette éco-taxe ne fait pas l’unanimité, y compris chez les écologistes. Un bon argumentaire est celui de Dominique Munier, directeur général de Troc Europe (Troc.com, La Trocante). « Toute une filière s’est donc mise en place pour organiser ce recyclage passant par la destruction de l’objet. Le recyclage a été interprété uniquement d’un point de vue non polluant. Pourtant des filières déjà existantes auraient pu s’intégrer à ce processus, apportant la touche sociale et sociétale à cette éco-taxe, » dit-il.

"Le réemploi passe par le don, la revente, la restauration ou le rachat d’objets anciens"

Et d’enfoncer le clou : « Le meilleur recyclage n’est-il pas, avant tout, le réemploi ? Dans un contexte de crise tel que nous le connaissons, le réemploi passe par le don, la revente, la restauration ou le rachat d’objets anciens. Luttant contre l’obsolescence programmée, si à la mode de nos jours, cette filière est constituée de professionnels du monde associatif et de l’entreprise. Elle s’attache à redonner vie à des meubles car cela permet aussi de donner une autre dimension aux objets et à ceux qui les achètent, les bricolent, les customisent… Pour ce faire, l’ensemble de la filière doit être prise en compte.

Une alternative "qui n’a pas pour vocation de détruire son principal fournisseur : le marché du neuf"

Mais, « Il est vrai qu’un meuble en kit et en mélaminé ne peut être monté et démonté à l’infini. Serait-ce le symbole de ce que nous appelons pudiquement « une manière de pousser à la consommation » ? ironise le directeur général pour lequel « Associer une offre de recyclage par le réemploi au processus mis en place aurait été possible : des acteurs du monde associatif et de l’entreprise existent. Il s’agit d’un autre marché, d’une autre alternative, qui n’a pas pour vocation de détruire son principal fournisseur : le marché du neuf. » Malgré une légère baisse en 2012, le marché du meuble est tout de même estimé à 9,54 milliards d’euros en France, selon la FNAEM, Fédération française du négoce de l’ameublement et de l’équipement de la maison.



Hotels Econews, 1, rue de Crillon, 92 210 Saint-Cloud. Mail:jfb@hotelseconews.com Copyright hotelseconews.com Mentions légales