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Paul Dubrule, co-fondateur d’AccorHotels, nous a accordé une interview sur l’engagement du Groupe vis à vis du tourisme durable

Nous avons demandé à Paul Dubrule, co-président fondateur du groupe Accor l’historique de l’engagement d’Accor pour le tourisme durable.

Lors de la célébration de la Journée Mondiale du tourisme qui a lieu tous les ans le 27 septembre la vice -présidente de l’OMT, Helen Marrano s’exprimait ainsi : « Il est crucial de préserver, en assurant sa durabilité, la croissance d’un secteur qui intervient pour 10 % dans le PIB mondial et représente un emploi sur dix dans le monde. L’Année internationale du tourisme durable pour le développement doit laisser une empreinte à trois niveaux fondamentaux : une meilleure gestion pour maîtriser les impacts des voyages et du tourisme, le maintien d’une étroite concertation entre les partenaires, non seulement l’OMT et le WTTC mais aussi les acteurs privés et publics dans les différentes destinations et les différents pays, et la communication de récits, sources d’inspiration et messages ». Suite à cette déclaration, nous voulions entendre le son de cloche de Paul Dubrule qui a été un précurseur pour le développement durable dans l’hôtellerie. Hoteleconews : vous avez été l’initiateur en tant que co-président fondateur du groupe Accor de la mise en oeuvre d’une politique de développement durable au sein du groupe Accor. A quel moment, avez-vous ressenti le besoin d’engager le groupe hôtelier dans cette démarche ?

Mr Dubrule : Pour Gérard Pélisson comme pour moi-même, ce sont les accords de Rio en 1992 qui ont été le point déclenchant de notre action au sein du groupe Accor. Mais la prise de conscience était liée surtout à la problématique environnementale.

J’ai donc confié dès 1994 à un jeune stagiaire Thierry Mueth la délicate mission de nous aider à mettre en place au sein du groupe Accor un plan d’action, avec une obligation, que les actions soient concrètes, opérationnelles, et adaptées aux hôtels.

La première action était orientée sur l’analyse des déchets amassés par chaque hôte. Nous l’avons ensuite élargi à un échantillon d’hôtels représentatifs par taille et par catégorie. Ce travail d’analyse nous a permis de faire un classement, nous permettant de mesurer l’économie que nous pouvions faire sur certains matériaux. Nous avons alors lancé le tri sélectif dans nos 1000 hôtels en France ce qui était une première.

Parallèlement, comme il fallait convaincre l’ensemble du personnel à tous les niveaux de la hiérarchie, sur proposition de Thierry Mueth, nous avons fait faire une BD qui a d’ailleurs été primée à Angoulême.

Puis, très vite nous sommes passés à la phase opérationnelle dans la gestion des énergies et nous avons mis en place dans les hôtels des chauffe-eau solaires, une initiative repérée par l’Ademe, qui décida de nous suivre et d’accorder des subventions à chaque fois qu’un hôtel mettrait en place ce type d’initiatives.

Dans la foulée aussi nous avons rédigé la première Charte de l’environnement à l’hôtel, en listant 15 actions fondamentales à respecter pour protéger l’environnement qui ont été communiqués à chaque hôtel. Les résultats faisaient alors l’objet d’une communication au sein de notre rapport annuel. A l’époque nous n’étions que quatre groupes du CAC 40 à présenter une information environnementale dans ce rapport, une initiative saluée par la ministre de l’environnement Dominique Voynet, qui devait plus tard l’élargir à toutes les entreprises du CAC 40 au travers de sa loi NRI article 116 obligeant les entreprises cotées en bourse à publier chaque année une information sur les mesures prises en faveur de l’environnement.

Enfin pour le groupe Accor, au-delà de la réflexion philosophique, nous y voyions aussi une façon de valoriser nos actifs grâce à ces mesures « environnementales » qui, faisaient un effet de levier sur nos actifs.

Hotelseconews : Bien après ce démarrage, vous décidez en 2008 de parcourir le monde à vélo réalisant plus de 300 000 kilomètres à votre actif, sur des parcours mythiques comme l’ascension du Tibet ou encore la traversée du Sahara. Est- ce que votre engagement environnemental y a été renforcé ?

Mr Dubrule : oui, bien sûr, les pistes et les routes sont jonchées de débris même au Tibet seul les déserts de Lybie étaient propres, en 2009. Par ailleurs, c’est pour monter une école au Cambodge que je suis parti à vélo, pendant huit mois.

Hotelseconews : que pensez-vous aujourd’hui des priorités données par le groupe Accor dans le cadre de la problématique de développement durable, que ce soit dans la construction ( bâtiments bas carbone ) dans les problématique de lutte contre la déforestation avec Plant for the Planet ou dans l’alimentation ( alimentation bio ) ?

Mr Dubrule : Accor fait beaucoup , avec des résultats qui ne cessent de progresser, comme la plantation de ces fameux potagers installés à la verticale qui couvre une partie du toit du Mercure Boulogne.



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