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Revêtements de sol intérieur : le choix de matériaux sains

Tout comme pour la finition des murs, le choix des matériaux destinés aux revêtements de sol est crucial, car il peut avoir des conséquences importantes sur la santé des occupants et sur l’environnement. Les revêtements de sol ont cependant pour particularité d’être soumis à une usure plus importante que les revêtements muraux.

Un revêtement mal adapté occasionnera des problèmes esthétiques, sanitaires et une dégradation rapide qui précipitera son remplacement. L’adéquation du matériau au lieu et à l’usage revêt donc une importance primordiale, Dans une démarche durable, on évitera la pose de revêtements collés sauf avec des colles à l’amidon solubles dans l’eau, les revêtements synthétiques de type PVC, vinyles ou des tapis plain à dossier (moquettes) en latex notamment dans les chambres, car ces produits sont des sources importantes de pollution de l’air.

Les matériaux qui conviennent

Revêtements de sol minéral
- Matériaux pierreux

  • La pierre naturelle :

Calcaires, pierres blanches, marbres, granits, pierre bleue et schistes sont les pierres naturelles utilisées comme revêtement de sol. Chacune ont des propriétés différentes qu’il convient de faire correspondre à l’usage prévu. Ce sont des revêtements lourds comportant des sensibilités différentes aux taches et à l’humidité. La structure et la condition du bâtiment doivent pouvoir s’y prêter.

  • La pierre reconstituée :

Connu sous le nom de « granito » ou « terrazzo », ce type de revêtement de sol, vendu en dallage, est constitué de fragments de pierre agrégés. De ce fait, il est décliné en d’infinies dimensions et coloris. La résistance de ce matériau est exceptionnelle. Comme tout matériau composite, il faudra cependant surveiller la composition du liant, produits qui peuvent être nuisibles à l’environnement.

- Céramiques ou terre cuites

  • Les céramiques naturelles :

Les céramiques pleines, sans finition, sont parmi les plus anciens matériaux. Les céramiques naturelles sont toutefois sensibles aux taches et demandent un traitement de surface. Ce traitement appliqué après la pose, peut être réalisé à l’aide d’une huile dure ou d’une huile cire.

  • Les céramiques émaillées :

L’émail sur les céramiques a pour effet de les imperméabiliser durablement tout en intégrant des motifs et coloris divers. Puisque les motifs deviennent rapidement indisponibles sur le marché, il est important d’acquérir quelques dalles supplémentaires de façon à prévoir les remplacements en cas de bris.

- Le grès cérame

Il résiste bien à l’usure et aux chocs. Non poreux, il est facile d’entretien. Seul le grès poli, à l’aspect brillant, doit être imperméabilisé avec un produit spécifique (Fila MP/90). Côté décoration, il reproduit les textures et les couleurs de nombreuses matières. Ainsi, on trouve des grès cérame "surfacés" façon ardoise, terre cuite, pierre bleue du Hainaut ou lames de parquet. Encore plus sophistiqués, certains grès imitent le béton ciré, le textile, le métal, le cuir ou le papier peint, avec des motifs dessinés au laser. Côté écologie, une dizaine de fabricants ont obtenu un écolabel. Pour la pose, il est préférable d’utiliser un mortier-colle labellisé EC1R, cela garantit un faible taux de COV (composés organiques volatils).

- Les bétons apparents

  • Le béton lissé :

Ce type de surface nécessite un savoir faire spécialisé, il faut savoir manier l’hélicoptère à polissage. Une couche de béton « de finition » sera déposée sur la chape et lissée avec cet appareil. Une cire est ensuite apposée comme finition. La surface ainsi réalisée sera pourvue d’une dureté supérieure et d’une grande homogénéité de surface par rapport au béton lissé de manière conventionnelle.

  • Le béton poli :

Cette fois, la couche de béton de finition est poncée et polie une fois durcie, jusqu’à atteindre une planéité comparable à la pierre. Il est possible de ragréer la surface en ponçant à nouveau. Les bétons lissés et polis nécessitent l’application d’une cire en surface afin de faciliter leur entretien et d’éviter les taches.

- Les revêtements de sol issus du bois et des dérivés

  • Les parquets massifs :

Les parquets massifs sont constitués de lattes de bois assemblées par collage ou préférablement par emboîtement. D’épaisseur variable, leurs propriétés (dureté, couleur, dilatation) varient en fonction de l’essence de bois sélectionnée. Tout est dans le choix de l’essence. De par sa nature, le bois varie à l’humidité et occasionnera des retraits. Aussi, il demeure sensible aux UV qui peuvent changer sa coloration. Le bois peut être verni sur place ou en usine. Sinon, une protection à l’huile ou à la cire est possible. Sa grande durée de vie et sa valeur économique et environnementale ajoutée en sont les principaux avantages. Les parquets en bambou, qui offrent une plus grande stabilité dimensionnelle lors de variations d’hygrométrie, ce qui en fait a priori une essence intéressante dans les pièces humides.

  • Les parquets stratifiés :

La stratification est une mince couche de vitrification très résistante pourvue d’un motif décoratif habituellement en imitation bois. Cette stratification est appliquée sur un aggloméré de fibre de bois à haute densité qui lui confère sa rigidité. Une couche de résine finale vient en assurer l’intégrité. Les parquets stratifiés sont habituellement mis en oeuvre avec la technique de pose flottante. Ils sont munis d’emboîtements dont beaucoup permettent une pose sans colle d’une grande simplicité. Ces types de parquets sont moins durables car sensibles à l’eau et impossible à ragréer. Contrairement au bois massif, ils sont résistants aux UV et à la dilatation thermique.

  • Les parquets multicouches ou contre-collés :

Le parquet "multicouche" est une alternative à la pose de parquet massif. Il est composé d’une couche d’usure en bois noble sur un support en bois d’essence plus commune ou aggloméré. Finalement, une couche de sous parement en plaquage bois ou épicéa assure la stabilité de la planche. Le parquet multicouche est entièrement fabriqué, poli et verni en usine et sa pose fonctionne sous le même principe que le parquet stratifié. Sa grande stabilité thermique lui permet d’être employé sur dalle chauffante mais sa durée de vie est plus limitée que le bois massif et dépend de l’épaisseur de la couche d’usure. Quel que soit votre préférence, les labels PEFC OU FSC sont indispensables.

- Les linoléums naturels

Vendus en dalles ou rouleau, les linoléums naturels sont constitués exclusivement de produits naturels comprenant de l’huile de lin, des résines naturelles, de la farine de bois et de liège ainsi que des agrégats minéraux et pigments. Très résistant à l’usure, son utilisation est principalement recommandée pour les surfaces soumises au passage fréquent (hall d’entrée ; couloirs de circulation…). Ils sont flexibles et ignifuges. Le linoléum dispose de propriétés antibactériennes (les premières semaines après la mise en oeuvre), anallergiques et antistatiques. La mise en oeuvre s’effectue par collage sur tout type de support rigide, plan, lisse et sec. La qualité de réalisation des jonctions augmentera la durée de vie des linoléums.

- Les revêtements de sol de type textiles : Les tapis pleins (moquettes) sont composés de deux parties comprenant le dossier (support) et la couche supérieure (velours). Il faut prendre bien garde à la composition de chacune de ces parties si on veut un revêtement sain et véritablement écologique. Parfois, du latex lie le dossier et le velours. On préfèrera les tapis pleins dépourvus de liants en latex car ils sont souvent sources d’émanations toxiques.

  • Les velours en fibre végétales

- Fibre de coco

La fibre de coco est extraite de l’enveloppe du fruit. C’est un déchet industriel provenant de l’exploitation des noix. Très résistante et quelque peu rude, la fibre de coco absorbe peu la poussière. C’est la plus économique des fibres végétales.

- La laine de mouton

La laine allie beauté, chaleur et douceur dans un produit qui est, à maints égards, supérieur aux fibres synthétiques. La laine possède beaucoup de ressort, de sorte que les fibres s’aplatissent peu. De plus, la laine repousse l’humidité, résiste aux impuretés et s’enflamme très difficilement. La plupart des problèmes environnementaux associés aux laines sont attribuables aux additifs chimiques contre les tâches ou le feu alors qu’elle leur résiste naturellement. Choisir une laine sans additifs est donc un choix logique.

- Le Sisal

Il s’agit d’une fibre, tirée de l’agave, dont le tissage permet d’obtenir des revêtements aux reliefs bas. Doté d’une grande résistance à l’usure, la fibre de Sisal est simple d’entretien mais résiste mal à l’humidité, au soleil direct et aux taches. C’est la fibre végétale supportant le mieux les teintures. Il faut cependant garder l’oeil ouvert quant à la valeur environnementale des teintures utilisées.

- Joncs de mer ou de montagne

La fibre lisse du jonc de mer, provient d’une algue poussant dans les estuaires d’eau douce ou de mer. Le jonc de mer possède de belles couleurs naturelles et une formidable résistance. Sa nature aquatique fait qu’il ne craint ni l’eau ni l’humidité. Il a même besoin d’être humidifié une fois par mois pour que les fibres conservent leur élasticité et leur brillance. Le jonc de montagne, lui, pousse dans les zones marécageuses d’altitude. Au contraire du jonc de mer, il absorbe l’eau et est donc à installer dans les pièces sèches.

Aspects environnementaux

En conclusion, pour les revêtements de sol, le placement du bon matériau au bon endroit est le premier critère écologique à cibler. Un matériau approprié à l’usage et au lieu vieillira bien, nécessitera peu d’entretien, et profitera d’une pleine durée de vie.



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