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L’herbe de prairie : un isolant biosourcé aussi performant que le chanvre ?

L’herbe est une ressource annuelle, disponible en vastes quantités qui n’est pas suffisamment valorisée. Partant de ce constat, l’entreprise Gramitherm propose d’en faire des panneaux d’isolants à base de fibres végétales aux propriétés plus qu’intéressantes.

La tendance est au biosourcé dans la construction : immeubles en bois, béton de chanvre, ouate de cellulose, algues ou champignons. Toutes les sources de fibres végétales ont été explorées. Toutes ? Un brevet suisse, déposé voilà une dizaine d’années, porte sur l’utilisation d’herbe de prairie pour obtenir des panneaux isolants performants. L’herbe est une ressource disponible en grandes quantités qui peut se valoriser en deux fractions : une phase liquide, qui servira de combustible après méthanisation ou de protéines de complément pour l’alimentation animale, et la phase solide, qui contient les fibres, jusqu’ici non valorisées. Le brevet porte donc sur le défibrage puis le traitement anti-feu, avec de très faibles quantités de sel de bore. Puis les fibres sont nettoyées, séchées et mélangées avec des fibres de liaison, à base de carbone ou d’amidon. Enfin, le tout est compacté afin d’obtenir l’épaisseur souhaitée puis thermoformé au four, avant d’être découpé en panneaux.

Les produits obtenus, d’une épaisseur variable entre 45 et 240 mm selon l’emploi souhaité (cloison intérieure ou isolation des combles), peuvent ainsi revendiquer une composition d’au-moins 90 % de fibres végétales, voire 100 % de fibres naturelles et une énergie grise très faible. L’université de Zurich, qui a réalisé l’analyse du cycle de vie, certifie même que le bilan carbone est négatif. Selon la société, un kilo de produit mis sur le marché absorberait l’équivalent de 1,5 kg de CO2, grâce à la croissance rapide de l’herbe qui fixe du gaz carbonique.

Aussi bien que le chanvre

Du côté des performances, le lambda, valeur étalon de l’isolation, a été mesuré à 0,038 W/m.K, ce qui le place au-dessus de certaines applications du chanvre. Les panneaux ont une très bonne stabilité dans le temps et un bon comportement face à l’humidité, ce qui est une caractéristique intéressante. Et surtout, la structure de la fibre et sa qualité après défibrage en font un excellent absorbant phonique, ce qui en fait un compagnon idéal pour la construction bois. La mise en décharge ne pose aucun souci, tout comme la réintégration de panneaux en fin de vie dans un produit neuf. En phase de production toutes les chutes sont récupérées. C’est vraiment un exemple parfait d’économie circulaire. En Suisse, où ce produit a été développé, les panneaux bénéficient déjà d’un retour d’expérience concluant sur une dizaine d’années. De nombreuses constructions ont été isolées avec de l’herbe de prairie

En tout, 10.000 m3 ont été posés, principalement en rénovation. Le produit a été imaginé pour de l’isolation par l’intérieur, mais peut également être employé en ITE pour du résidentiel, sous un bardage protecteur. La pose ne présentera aucune difficulté particulière, le produit se découpant même plus facilement que des fibres plus dures comme celles du chanvre. Avantage en sus, il ne produit pas de poussière irritante.

Un hectare de prairie produit, au minimum 250 m3 de produits finis soit de quoi isoler 2.500 m² sur 10 cm d’épaisseur". La rénovation thermique a-t-elle trouvé sa matière première ?



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