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Un air intérieur sain : un enjeu de santé publique

Lors du deuxième colloque du SEIQA (Santé, Environnement, Qualité de l’Air) le docteur Isabelle Bossé, allergologue et Présidente de l’ARCAA( association de recherche clinique en allergologie et asthmologie) a rappelé l’importance de l’environnement sur les allergies.

Alors qu’en 1980, 10% de la population souffrait d’allergies, ce pourcentage atteint aujourd’hui pratiquement les 30%. Certaines études avancent un chiffre qui pourrait s’établir à 50% d’ici 10 ans. Il faut rappeler que la France ne compte pas moins de 18 millions de personnes présentants des allergies qui se répartissent ainsi :

- 12 millions d’allergie respiratoires
- 4 millions d’asthmatiques
- 2 millions d’allergies concernant les aliments, touchant surtout les enfants Chez les consommateurs, la prise de conscience a bien eu lieu ; c’est une évidence pour eux aujourd’hui que l’air intérieur est plus vicié que l’air extérieur. L’arrivée de l’étiquetage sur les produits de construction et de décoration il y a un an les a sensibilisés, ainsi que les discours des médecins et scientifiques diffusant des informations sur cette problématique. Mais dans les entreprises, notamment l’industrie hôtelière, cette question reste totalement à prendre en charge et deviendra peut-être un enjeu important de demain. Si le manger mieux, arrêter de fumer, faire du sport sont des messages entendus pour rester en bonne santé, la qualité de l’air que nous respirons, pourtant essentiel à notre vie, n’est pour le moment que peu prise en compte, à l’exception d’informations sur la qualité de l’air extérieur. Pourtant "l’autre air", celui intérieur, dans lequel on passe 80% de notre temps, reste un sujet majeur mais dont on parle moins, et qui inquiète néanmoins beaucoup les Français. Ainsi, on peut imaginer que les entreprises pourraient être attaquées demain, pour un manquement à la qualité de l’air circulant dedans. La législation commence à bouger, deux décrets parus en fin 2011 et en début 2012 rendent obligatoires dans les EPR ( établissements recevant du public) la surveillance des substances polluantes dans l’air intérieur et la maîtrise de la concentration des polluants, mais uniquement dans les lieux recevant des enfants. A ce jour, le gouvernement en reste là.

Problèmes respiratoires : le lot quotidien des cabinets des allergologues

Deux tiers des consultations chez les allergologues concernent des problèmes respiratoires provenant des éléments de l’environnement humain qui peuvent entraîner des réactions allergiques comme les poils d’animaux, les moisissures, les aliments, les médicaments, et bien sûr certains composants chimiques contenus dans les produits de construction et de décoration. Les réactions allergiques vont du simple éternuement jusqu’au choc anaphylactique en passant par la crise d’asthme, ou d’urticaire. Les patients posent de nombreuses questions sur le rôle et la qualité des équipements qui les entourent, mais les praticiens ne savent pas apporter de réponses qui relèvent de compétences techniques particulières. C’est pourquoi l’ARCAA créé en 2006, a pour objectif de rapprocher le monde des industriels, conscients du risque d’allergies causées par certaines substances contenues dans la fabrication de leurs produits, et les médecins qui sont là pour donner leur caution scientifique, en validant des référentiels communs, pour affirmer que ces derniers améliorent la qualité de l’air intérieur.

La labellisation : un élément porteur

Deux labels sont issus de ce travail collectif : “Allergènes contrôlées” et “Air intérieur contrôlé”, afin d’approuver l’efficacité des produits et équipements, tels que les systèmes d’aspiration, de ventilation et les détergents utilisés pour purifier l’air. Ces deux labels garantissent ainsi trois niveaux de validation : par les médecins, les universitaires et les responsables de l’association. Mieux encore, dans l’optique de la prévention santé, les médecins allergologues avec les entreprises veulent s’engager dans une démarche d’approbation HQE-A (Haute Qualité Environnementale pour Allergiques) . La promesse de cette labellisation est donc celle d’une amélioration de la qualité de l’air intérieur. Mais une confirmation de la qualité des équipements et des produits ne suffisent pas, si par ailleurs, les règles d’utilisation ne sont pas sérieusement respectées (mise en oeuvre, fréquence d’usage, surveillance, maintenance). Hôteliers, votre engagement pour un environnement sain reste donc indispensable. De nombreuses entreprises spécialisées présentent sur le marché apportent leur expertise pour vous préconiser des solutions afin d’améliorer l’atmosphère à l’intérieur de vos établissements. Ainsi, une opportunité s’offre à vous, celle de pouvoir proposer un argument marketing de poids, qui vous ouvrira pourquoi pas un marché, puisque pour le grand public en général, et de fait pour la clientèle hôtelière, la santé et le bien être apparaissent comme deux composants fondamentaux de leur existence. Alors, à vos marques !



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