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Le Groupe AccorHotels monte à bord d’Energy Observer, premier navire à hydrogène, pour une odyssée vers le futur

Le capitaine d’Energy Observer, le malouin Victorien Eressurad, a mis cinq ans a imaginé ce bateau électrique zéro émission, capable de fabriquer de l’hydrogène pour sa pile à combustible à partir de l’eau de mer et grâce aux énergies solaire et éolienne. Energy Observer est le premier bateau au monde à hydrogène autonome en énergie et zéro émission.

Le bateau a été construit à partir d’un catamaran de course en fin de vie, qui avait notamment remporté le Trophée Jules Verne sous le nom d’« Enza New Zealand » avec Sir Peter Blake aux commandes. Ce dernier reconverti en un bateau sans voile ni moteur fonctionne grâce à la mixité énergétique. Outre les 120 m2 de panneaux photovoltaïques déployés et les éoliennes verticales, Victorien Erussard insiste sur l’hydrogène, précisant qu’Energy Observer « sera le tout premier bateau à hydrogène à faire le tour du monde ». C’est la véritable originalité du navire : utiliser l’eau de mer comme source de stockage de l’énergie à long terme. « À quai, les panneaux photovoltaïques et les deux éoliennes de l’Energy Observer continueront à produire de l’électricité, indique Didier Bouix, ingénieur au CEA-Liten, le laboratoire des énergies renouvelables du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives mobilisé pour la conception d’Energy Observer. Ce surplus d’énergie, notamment solaire, va être utilisé pour transformer de l’eau de mer, préalablement dessalinisée, en hydrogène. Pour cela, on utilise l’électrolyse, un courant électrique qui sépare l’hydrogène et l’oxygène contenus dans la molécule d’eau. »

L’hydrogène est stocké, sous forme gazeuse, dans huit réservoirs étanches. « Et en pleine mer, lorsqu’il n’y aura ni soleil, ni vent, cet hydrogène pourra être retransformée en énergie via une pile à combustible, poursuit Didier Bouix. Cette énergie permettra de produire soit de la chaleur réutilisée dans le navire (de l’eau chaude pour la douche typiquement), soit de l’électricité pour alimenter les deux moteurs à propulsion électrique du navire. » L’intérêt de cette technologie est double : elle est 100 % verte et « surtout représente une capacité de stockage quasi infini d’énergie, explique Victorien Erussard.

Une aile de Kitesurf surdimensionnée à bord

Le capitaine de l’Energy Observer, engagé sur ce projet avec l’explorateur-réalisateur Jérôme Delafosse, chef de l’expédition s’enthousiasme : « On a recomposé un bateau de légende ! « Il faut le voir comme un laboratoire flottant et de ce que pourrait être le monde énergétique de demain », a t-il ajouté.

De plus, on trouve à bord une aile géante inspirée du Kitesurf. « On a travaillé sur ce projet avec Beyond the sea, une entreprise innovante qui a mis au point une technologie de kite pour tracter les navires, notamment ceux de la marine marchande », indique Victorien Erussard. En condition optimale, le navigateur imagine très bien que l’aile soit la seule à faire avancer le bateau, mettant alors les deux moteurs électriques au repos. Elle permettra sinon d’assister les moteurs et accroître la vitesse d’Energy Observer. « Mais elle fera plus encore en permettant de produire de l’énergie, complète Didier Bouix. Le kite permettra de faire de l’hydrogénération. En freinant un petit peu le bateau, l’aile transformera le moteur en génératrice. L’hélice fournira alors de l’énergie à la manière d’une dynamo de vélo. »

Une centaine d’escales et 50 pays visités

Ce tour du monde visera tant à améliorer les technologies embarquées à bord qu’à les montrer au plus grand nombre, mais aussi d’aller à la rencontre de ceux qui dessinent aujourd’hui le monde de demain dans les énergies d’avenir, l’agriculture raisonnée, la santé, l’habitat durable, l’éducation, l’économie sociale et solidaire, la digitalisation, les réserves de biosphère à préserver, les fonds marins menacés, et tous ceux qui dédient leur vie à leur sauvegarde. Une aventure unique qui sera à vivre en temps réel grâce à des documentaires, une web série et des contenus en réalité virtuelle, pour éduquer, sensibiliser, et lever une communauté au-delà des frontières. Ainsi, une centaine d’étapes sont prévues sur les cinq continents en six ans et ça commence par un tour de France cet été. À Paris, Energy Observer est à quai jusqu’au 15 juillet. Un village, à proximité du bateau, retrace le projet. Il est ouvert de 10h à 18h le week-end et de 12h à 18h en semaine. Une belle aventure aussi, pour le groupe Accor Hotels, partenaire de cette expédition, engagé depuis longtemps dans la défense de l’environnement.



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