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Recycler le marc de café pour faire pousser des champignons

L’outil de production qui fournit ces pleurotes est issu de l’économie circulaire et permet d’utiliser le marc de café comme un bio-déchet urbain particulièrement intéressant car sa pasteurisation est déjà effectuée par toutes les machines à café. Il est donc particulièrement propre et encore riche de 99,8% des composants du café.

Posé sur les graviers, un container. A l’intérieur, pendus au plafond, d’étranges sacs blancs remplis de marc de café recyclé. Des champignons grisés en jaillissent : la précieuse récolte de pleurotes finira sur la table des plus grands restaurants de Paris. Cette culture de poche, installée en banlieue parisienne à St-Rémy-lès-Chevreuse (Yvelines), débutée à un stade expérimental il y a deux ans, devrait prendre de l’ampleur. Car les champignons ont vite trouvé leur clientèle. Grâce à leur terreau insolite, les pleurotes ont un "goût plus fin et plus raffiné, du croquant", explique Cédric Péchard l’entrepreneur de 44 ans, fondateur d’Upcycle et ingénieur agronome de formation.

Déjà de grands noms séduits

De grands chefs étoilés, Alain Passard ou Yannick Alléno, les utilisent déjà dans leurs recettes. Le traiteur Lenôtre les mettra sur sa carte au printemps. Ladurée est intéressé. Au total, une trentaine de restaurants, souvent tendance "locavore", ont été séduits par ces champignons éclos des restes de la dose de caféine quotidienne des Franciliens car c’est d’abord un bon produit, qui est en plus solidaire et écologique.

Chaque semaine, une tonne de marc est récupérée auprès de sociétés qui gèrent 10.000 machines à café automatiques en Ile-de-France, dans les gares, les entreprises, etc. Pour obtenir le substrat, le marc est mélangé avec de la craie, des copeaux de bois, et un concentré de semences de champignons, puis mis à incuber dans le container, à 18°C. Au bout d’un mois, le mélange vire au blanc, donnant aux sacs leur drôle de couleur. Dix jours plus tard, les pleurotes apparaissent. Elles seront vendues par l’intermédiaire d’un grossiste de Rungis. Résultat : 2,5 tonnes de champignons produites sur six mois en 2013, sur une surface de seulement 30 m².

Une économie circulaire et solidaire

D’abord installée dans un container en plein 20e arrondissement de Paris, Upcycle a ensuite déménagé en vallée de Chevreuse, pour s’implanter sur un site d’insertion de personnes handicapées mentales. L’entreprise en emploie une vingtaine, la totalité de ses salariés. "Dans l’ADN de la société, l’objectif était d’avoir un impact sur la vie des personnes fragilisées", souligne Cédric Péchard, qui après des années passées chez les géants de l’agroalimentaire, a décidé de donner "plus de sens" à son travail.

L’objectif est de monter un vrai projet d’agriculture urbaine, viable économiquement et "faire prendre conscience qu’il y a plein de ressources autour de nous", dans une logique d’économie circulaire et de recyclage des déchets, ajoute Cédric Péchard. Premier en France à utiliser cette technique, Upcycle s’est inspiré d’un procédé mis au point en Colombie pour aider les producteurs de café à trouver un complément de revenu, puis expérimenté en Californie, et même au Zimbabwe.

Une culture à plus grande échelle

Prochaine étape : se rapprocher de nouveau de Paris, où se trouvent les clients, et le café. L’incubateur de champignons déménagera dans un grand entrepôt dès avril. La mairie de Paris pourrait aussi permettre à Upcycle d’utiliser un tunnel désaffecté.

"L’idée, c’est de commercialiser 30 tonnes de champignons aux portes de Paris en circuit court" par an, tout en continuant d’employer des personnes handicapées, ambitionne Cédric Péchard. Le but est d’étendre le projet à d’autres grandes villes, car l’expérience est reproductible partout grâce au container. Les champignons peuvent être récoltés tous les jours, toute l’année, en échelonnant l’ensemencement des sacs de marc de café. Quant aux déchets de cette culture, le substrat, il est utilisé comme engrais, recréant ainsi de l’humus dans la terre grâce à la présence du mycélium (la graine du champignon) pour des potagers...urbains.

Des kits de culture pour les particuliers

Les fameux "Pleurotes au marc de café" sont aussi commercialisées sous forme de kit de culture prêt à pousser pour les particuliers. Une fois la boîte ouverte, il suffit de vaporiser avec de l’eau ( vaporisateur offert dans le kit) matin et soir le contenu pour apercevoir au bout d’une dizaine de jours la pousse des champignons, qui doubleront de taille tous les jours. La récolte donnera environ 300 grammes de pleurotes. Mais ça ne s’arrête pas là, car en recommençant l’arrosage après la première récolte vous pouvez en obtenir jusqu’à trois ! http://www.laboiteachampignons.com/



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