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Une marque de champagne à l’heure de la performance énergétique

La marque Moët-Hennessy (MHCS), filiale du groupe de luxe LVMH, a initié il y a deux ans un processus de réduction de sa consommation d’énergie dans le cadre de ses activités de production de champagne. Pour l’instant, les résultats (10% d’économies sur un an) sont encourageants et engagent les dirigeants de MHCS à poursuivre dans la voie de l’efficacité énergétique.

La marque Moët-Hennessy (MHCS), filiale du groupe de luxe LVMH s’est engagée dans les économies d’énergie. Pour l’instant, les résultats (10% d’économies sur un an) sont encourageants et engagent les dirigeants de MHCS à poursuivre dans la voie de l’efficacité énergétique. En Champagne, MHCS possède 62 sites, parmi lesquels 53 vignes et 6 sites de production. Ces derniers concentrent une très grande part de l’électricité consommée par la marque – environ 80% – surtout lors des vendanges. A Epernay (Marne), où est élaboré, depuis 1743, le champagne Moët & Chandon, la tradition cohabite désormais avec les préoccupations environnementales. Moët-Hennessy Champagne & Services (MHCS) – l’entité qui regroupe les quatre maisons Moët & Chandon, Veuve Clicquot, Krug et Ruinart appartenant à LVMH – a décidé de s’attaquer à un chantier complexe : réduire ses consommations d’énergie liées à la confection de ses champagnes. Afin d’optimiser ses performances énergétiques, MHCS a fait appel en 2011 au cabinet Okavango-Energy pour l’accompagner dans sa démarche. Dans l’optique de cesser les gaspillages en tous genres, le cabinet a procédé à une évaluation préalable des niveaux de consommation d’énergie pour identifier les postes les plus énergivores.

CHASSE AU GASPILLAGE

Des relevés manuels ou automatiques sont mis en place. Chaque maison possède son propre tableau de bord. Pour sensibiliser les techniciens, des chantiers de progrès sont instaurés après identification des postes les plus énergivores. Même si la démarche a remporté l’adhésion de la majorité des collaborateurs, remettre tout à plat pour traquer les gaspillages n’a pas été aisé. Chaque maison a ses habitudes de fonctionnement, transmises au cours des siècles.

Pour l’entreprise, la réduction de la consommation énergétique est un dossier technique et complexe, eu égard notamment aux procédés œnologiques qui requièrent un travail à basse température. La phase de fermentation, par exemple, s’effectue à une température comprise entre – 4 et – 6 °C. Or, faire remonter cette température de 1 ou 2 °C sans impacter la maîtrise de la fermentation n’est pas chose aisée, idem pour la phase de dégorgement (quand la bouteille remonte de la cave, son col est gelé à - 28 °C). La chaleur perdue par les groupes de froid est désormais récupérée pour la production d’eau chaude sanitaire. Autre poste clé, le renouvellement de l’air. Grâce à la mise en place de systèmes de ventilation automatisés dans les cuveries, la perte de calories vers l’extérieur est réduite. Enfin, l’éclairage a également fait l’objet de mesures : ouverture de façades dans les cuveries pour faire entrer au maximum la lumière naturelle, éclairage localisé aux endroits stratégiques, éclairage LED… 10 % D’ÉCONOMIES EN UN AN

Les résultats sont là. Alors que MHCS s’était fixé l’objectif de réduire de 20 % sa consommation d’énergie entre 2012 et 2016, l’entreprise a déjà réalisé 10 % d’économie la première année. Pour aller au-delà des 20 % prévus, des investissements beaucoup plus lourds sont nécessaires, car il faut s’attaquer à la performance énergétique des bâtiments. Afin que les prochains investissements industriels ne ruinent pas tous ces efforts, chaque demande d’investissement comporte désormais un volet énergétique (calcul du coût énergétique par les fournisseurs, réalisation d’une étude thermique pour toute rénovation du bâtiment…). Fort du succès des améliorations apportées au volet énergétique, MHCS prévoit de calquer un programme analogue pour réduire ses consommations d’eau. 

Un cofinancement de l’Ademe

La partie consulting du projet (les frais d’honoraires du cabinet de conseil Okavango) a été financée pour moitié par l’Ademe, dans le cadre de la norme ISO 5001 des systèmes de management de l’énergie. Cette nouvelle norme internationale fournit le cadre pour mettre en place une politique de gestion efficace de l’énergie. En mars, une trentaine d’entreprises étaient certifiées en France.

Les autres chantiers environnementaux de Moët-Hennessy

Réduire les consommations d’eau de 30 % d’ici à cinq ans (recyclage, récupération de l’eau de pluie…). Elles ont déjà diminué de 35 % en dix ans. Tendre vers le zéro déchet mis en décharge (récupération des souches pour faire de la méthanisation…).

Réduire les consommations de produits phytosanitaires. Elles ont déjà été réduites de 40 % en dix ans au profit du désherbage mécanique. Poursuivre l’éco-conception des emballages. Le poids de certaines bouteilles a déjà été allégé, permettant des économies de verre de 2 000 tonnes par an.



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